Déjà auteur d’un biopic, assez moyen, d’Elvis en 2022, le réalisateur australien avait amassé une quantité importante d’archives inédites qui, aujourd’hui, constituent le cœur de son nouveau film : EPIC, l’acronyme d’Elvis Presley In Concert. Pourtant, ce n’est pas sur la musique d’Elvis que débute le métrage mais sur l’air d’« Ainsi parlait Zarathoustra » de Richard Strauss, épique disait-on ! Dès lors qu’il s’agît de s’approprier de grands classiques, de « Roméo et Juliette » à « Gatsby le Magnifique », Luhrmann ne peut s’empêcher de moderniser le sujet en employant un rythme frénétique et toujours à la limite du kitsch (cf. la séquence d’ouverture). Un travers auquel n’échappe pas le présent documentaire au cours d’une brève introduction posant le contexte, à savoir les débuts du King, le coup d’arrêt porté à sa carrière par le service militaire et son retour à Hollywood, pour autant de séries B, après l’armée. Vient ensuite le cœur du sujet le retour du King sur scène en 1970 à Las Vegas et le véritable trésor, les scènes de répétition avant le retour sur scène. Elvis en chemise à fleurs, faisant preuve d’humour et d’auto-dérision, s’amusant à reprendre Ray Charles ou les Beatles. Constitué uniquement d’images d’archives et de commentaires audio, d’Elvis lui-même, extraits de conférences de presse, d’époque le film possède indéniablement un petit air de déjà-vu pour quiconque s’est déjà intéressé de près au sujet. Seul le son, faisant l’objet d’un soin maniaque, d’un montage particulier et d’une remasterisation énorme en mettra plein les oreilles aux spectateurs, quitte à dénaturer les chansons. Deux longues séquences, consacrées à « Polk Salad Annie » (du regretté Tony Joe White) et à « Burning Love » en mettent vraiment plein la vue. Le film bénéficie d’une vraie sortie au cinéma et non pas de séances limitées, à ce titre exceptionnelles, à un prix extravagant, contrairement à « Rolling Stones at the Max », « Pink Floyd live at Pompeï » ou « When you’re strange – The Doors » tous ressortis l’an dernier. Aussi ne boudons pas notre plaisir. Une compilation en cassette audio d’Elvis était le premier disque que l’auteur de ces lignes s’était payé avec son argent de poche, c’est toujours un peu particulier de le voir sur grand écran. « Elvis has left the building » depuis bien longtemps…





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