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Mitch Ryder : « How I spent my vacation » (1979)

September 28, 2017

Comme de coutume en cette saison (le mois de septembre), Mitch Ryder nous fait parvenir une carte postale, sonore, en même temps qu’il nous raconte ses vacances. Et ces dernières ont été hautement musicales. Le début est assez classique et conforme de ce qu’on attend du natif de Detroit, du rock n’roll (NB : ne pas oublier le « n’roll », c’est important) carré, puissant, riche en guitare abrasives -les Stooges et MC5, autres célébrités locales ne sont jamais bien loin- et servant à merveille sa voix rocailleuse à souhait (cf. « Tough Kid »). C’est certes convenu mais hautement appréciable surtout lorsqu’un piano boogie woogie vient se joindre à la fête rendant ainsi magnifiquement hommage au blues (sublime « Dance ourselves to death », composition à tiroirs et pleine de surprises jusqu’à son final). Mais Mitch Ryder a plus d’un tour dans son sac et se fait fort de proposer tout sauf ce que l’on attend de lui. C’est, en l’espèce, une force et une perpétuelle source de redécouverte dudit album. Ainsi « Passions wheel » voit le chanteur se coller au folk sans rien perdre pour autant de sa proverbiale intensité vocale alors que « Cherry Poppin’ » flirte avec la soul et les sonorités (légèrement) disco (faut pas déconner non plus), typique de l’époque ; le tout sans pour autant être ridicule et trouvant au passage une nouvelle façon d’exploiter sa voix si caractéristique ; un timbre de gorge profond, fait pour conter les histoires, et transpirant le vécu. Cela marche à merveille sur la torch song nocturne « Freezin’ in hell ». Un album particulièrement varié (on y trouve même un morceau jazzy “The Jon” !) dont le plus grand mérite est de décrire, en creux, l’histoire musicale de Detroit, réputée aussi bien pour ses groupes précurseurs du punk que pour la soul music. On ne saurait rêver plus bel hommage à Motor City, rendu par un de ses illustres enfants : Mitch Ryder.

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