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Caravan : «For girls who grow plump in the night » (1973)

May 24, 2016

Au départ était le rock progressif dit de « l’école de Canterbury ». Soit un rock emprunt de grandeur et de virtuosité, digne du jazz, visant à créer un labyrinthe sonore propice à la rêverie. Ainsi la petite ville sise dans le Kent (au sud-est de l’Angleterre) a vu naître une pléthore de groupes tous plus grandiloquents les uns que les autres. Outsiders parmi les autres, Caravan arrive à maturité sur ce cinquième album et signe, peut-être, le chef d’œuvre du genre. Plutôt que se perdre en conjecture musicales et autres plans sur la comète, l’écueil récurrent du rock progressif, Caravan a réussi, mieux que personne, à marier les contraires. Soit l’immédiateté du rock n’roll, au travers d’une guitare puissante aux riffs acérés souvent placée en intro, et une réelle ambition musicale servie avec force cuivres, violons (électriques et acoustiques) et autres synthés ARP (la technologie de pointe de l’époque). Ainsi, passant d’une extrême à l’autre, l’album ne cesse de souffler le chaud et le froid, d’envoyer les watts avant de les diluer dans les effluves de morceaux fleuves, dépassant les dix minutes, composé de différents mouvements (l’impressionnant « Memory Lain, Hugh/Headloss», « Be all right », « L’auberge du sanglier »). L’amateur de rock n’roll, simple et direct, y trouvera son compte, l’esthète également. Quarante ans après son enregistrement, l’album a conservé toute sa fraîcheur et épate encore par la variété de ses climats plutôt groove/funky sur « C’thlu thlu », champêtre sur « Surprise, surprise » et « The dog, the dog, he’s at it again ». Une pièce maîtresse.

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